Dossier : Les carburants alternatifs et la voiture de demain
[2006-02-01]A quand les biocarburants ?
D'origine végétale, les biocarburants sont utilisés en additifs à l'essence et au diesel. Enquête sur les possibilités de développement des « carburants verts ».
Les biocarburants sont constitués de plusieurs variétés, mais ils proviennent tous de la transformation des plantes en énergie liquide. On distingue, généralement, deux catégories de biocarburants. D'une part, les biocarburants transformés en alcools à base de betteraves, de pommes de terre, de maïs ou de canne à sucre et, d'autre part, les huiles utilisées brutes ou transformées en ester, après de multiples procédés de traitement.
Le biocarburant fabriqué à base d'alcools de plantes, appelé à devenir de l'éthanol, fut initialement développé au Brésil et aux Etats-Unis grâce aux cultures de canne à sucre et de maïs. Le Brésil, devant les pollutions importantes liées à sa consommation d'hydrocarbures, choisit de prendre la voie de ce carburant bio dès le choc pétrolier des années 70. Demi-succès pour ce pays précurseur, il concentre aujourd'hui toutes les attentions devant l'explosion du prix du baril de pétrole. Mélangé à l'essence, l'éthanol devient un additif utile et écologique. Même à faible dose, il oxygène le carburant et baisse largement son taux de pollution. La fabrication coûteuse et non-concurrentielle lors du contre-choc pétrolier de 1986, paraît aujourd'hui meilleur marché. Cependant, l'éthanol nécessite une culture intensive due à un faible rendement énergétique. La surface cultivée doit être étendue pour récolter les fruits de ce carburant naturel. A y regarder de plus près, le bilan écologique des biocarburants n'est, en définitive, pas aussi avantageux qu'il n'y paraît. Le coût énergétique, c'est-à -dire la quantité d'énergie nécessaire pour la production du biocarburant, se révèle assez lourd et contraignant. Le transport du lieu de production au lieu de transformation et les différentes étapes de valorisation de l'alcool de plante en éthanol réduisent, de façon majeure, son intérêt pour l'environnement. Un avantage néanmoins : introduit à faible dose dans l'essence revendue à la pompe, il permet aux automobilistes de ne pas avoir à effectuer d'adaptation particulière sur leur véhicule.
En France, le fort équipement de la population en véhicules diesel pousse un autre biocarburant sur le devant de la scène. Il s'agit de l'huile végétale brute (HVB) traitée, également dénommée ester. Ajoutée au gazole, elle diminue largement l'émission de particules nocives des véhicules diesel. Plus connu sous le nom de diester, une marque déposée, l'ester résulte d'un long processus de transformation des huiles végétales brutes en carburant. Il consiste à fluidifier l'huile pour obtenir le biogazole. Ce sont les plantes oléagineuses qui sont utilisées pour produire ces huiles. Le colza, le tournesol, le ricin, la palme et la noix de coco, par exemple, peuvent être mises à contribution. Actuellement, les biocarburants à base d'huiles, mélangés au gazole, se trouvent également commercialisés en station-service. L'automobiliste ne le sait pas, et là encore aucune adaptation du véhicule n'est nécessaire. C'est le principal intérêt des biocarburants : une infime quantité permet de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre.
En ligne de mire, les objectifs du protocole de Kyoto, visant à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, se rapprochent. En 2008, 5,75 % de l'énergie consommée par les transports devra être constituée par les biocarburants, et en 2010 ce seuil passera à 7 %. Assurément un bien pour l'environnement, et un débouché pour l'agriculture.
Alan OUAKRAT
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