L’étiquette verte au Mondial de Paris 2006 : la grande oubliée
Selon une enquête commanditée par l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) au Mondial de l'automobile 2006 et dévoilée par le site actu-environnement.com, seulement 62 % des véhicules étaient en conformité avec l'obligation d'affichage d'une étiquette énergie/CO2. C'est que les marques de luxe ou celles proposant des véhicules de loisir ou sportifs semblent s'affranchir en toute impunité de cette mesure.
A l'instar des appareils électroménagers, en application de la directive européenne du 13 décembre 1999, une étiquette énergie/CO2 est désormais obligatoire en France pour les véhicules particuliers neufs exposés dans les lieux de vente. Depuis le 10 mai, une étiquette renseignant sur leurs émissions de CO2 doit donc figurer sur ces véhicules afin de sensibiliser le consommateur à l'achat de véhicules moins polluants. Comme sur un frigo d'exposition, un code couleur établit les valeurs d'émission de chaque véhicule : la classe A, verte foncée, fait référence à des émissions inférieures à 100g de CO2/km et correspond à la meilleure note de l'échelle de classement alors qu'un véhicule qui émet plus de 250g de CO2/km est classé G et référencée en rouge. Simplissime et accessible à tous.
Des constructeurs qui ne se sentent pas concernés
Durant le Mondial de Paris 2006, les agents de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) ont fait le tour des stands pour se rendre compte de l'application de la directive par les constructeurs. Un constat s'impose : certains constructeurs semblent peu enclins à sensibiliser leur clientèle sur le respect de l'environnement. Ainsi, sur 541 véhicules des halls 1,3, 4 et 5/2, seules 30 % des voitures de luxe, 47 % des monospaces et 55 % des coupés sport affichaient l'étiquette verte.Au niveau des marques plus généralistes, si PSA remplit tous ses devoirs, Volkswagen s'en affranchit complètement : les étiquettes sur le stand de la marque brillaient par leur absence. Au final, l'étiquette n'était présente que sur 62 % de l'ensemble des véhicules. Par ailleurs, si 26 % des véhicules ont présenté une information sur la consommation de carburant et les émissions de CO2, c'était sous un format qui leur est propre : Mercedes a ainsi communiqué de manière visible mais selon son propre modèle d'étiquette alors que Fiat et Renault ont entretenu le flou sur la quantité d'émission de CO2 de leurs véhicules.
En pleine période de prise de conscience des problèmes environnementaux, les constructeurs semblent souffrir de schizophrénie. Les effets d'annonce suscités par la présentation de véhicules dits écologiques (bioéthanol avec la Mégane chez Renault, pile à combustible pour la 207 Epure de Peugeot) ne doivent pas faire oublier l'obligation qui leur est faite de communiquer en toute transparence sur les émissions de CO2 de leurs produits. Une démarche pourtant élémentaire et dont la mise en oeuvre ne nécessite pas de gros moyens !
Source : http://www.actu-environnement.com
Jean-Philippe Coll











