Essai Toyota Auris Hybride : En toute discrétion
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Avec 2,5 millions de véhicules vendus en 12 ans, Toyota est « La » référence dans le domaine de l'hybride. Il y a bien sûr la Prius mais le constructeur japonais ne compte pas s'arrêter là puisqu'il prévoit de proposer une variante hybride de chacune de ses voitures à l'horizon 2020. Premier modèle à faire les frais de ce plan ambitieux, la compacte Auris qui du coup devient la première voiture de son segment à proposer une motorisation hybride, celle de la Prius. Prise en main de l'Auris Hybride dans la région de Barcelone.
Dans l'oeil du photographe
Bien malin ou bien informé celui qui sera capable de distinguer une Auris Hybride d'une Auris classique. Pour cela voici quelques clés : feux de jour à diodes, bouclier avant spécifique, béquet de toit et sigles Toyota sur fond bleu, tels sont les attributs de cette version éco-responsable. Dernier détail qui ne trompe pas, la teinte blanche nacrée qui lui est réservée.
Mais cette grande ressemblance avec un modèle essence ou diesel ne risque-t-elle pas de dérouter le client habituel de l'hybride qui souhaite se démarquer avec un design « atypique » ? Et bien c'est une volonté de Toyota que de proposer une auto hybride au look plus passe-partout afin d'attirer une autre clientèle, moins militante mais sensible au respect de l'environnement. Et c'est vrai qu'à bord de l'Auris on se sent moins à part des autres usagers qu'au volant d'une Prius.
Vie à bord
À l'image de l'extérieur, l'habitacle de l'Auris Hybride évolue peu par rapport aux autres versions. C'est classique, voire austère, l'emplacement des commandes est intelligent et la finition correcte mais certains plastiques sont peu valorisants. Une chose est sûre pourtant, l'ensemble est soigneusement ajusté et supportera sans mal les affres du temps. Au final, la présence de la motorisation hybride se manifeste au travers d'une instrumentation spécifique qui informe en temps réel sur le mode de conduite et d'un petit sélecteur bleu identique à celui de la Prius.
Côté accueil, l'Auris connaît les bonnes manières avec des assises confortables et un espace généreux à l'avant comme à l'arrière même pour les grands gabarits. Seul le coffre fait les frais du passage à l'hybride puisque la batterie vient se loger sous son plancher ce qui fait chuter sa capacité de 40 L (310 L au total).
Les équipements
Même si l'Auris se veut plus accessible que la Prius, pas de raison de proposer un modèle au rabais. La compacte japonaise est donc disponible en trois niveaux de finition : Dynamic, Executive et Lounge. Le premier offre de série la climatisation automatique, l'autoradio CD MP3 avec prises auxiliaires, le régulateur de vitesse, les antibrouillards et les jantes alliage 17 pouces. Le second rajoute pour 1 200 EUR de plus les essuie-glaces et feux automatiques, le système Bluetooth, l'accès et le démarrage sans clé et l'écran de la caméra de recul intégré au rétroviseur intérieur. Enfin pour 2 200 EUR de plus, la troisième finition présente de série la sellerie alcantara, l'aide au stationnement et la navigation GPS avec écran tactile.
Sous le capot
Comme nous le disions plus haut, l'Auris reprend l'ensemble mécanique de la dernière génération de Prius. Louée pour sa fiabilité, la technologie HSD (Hybrid Synergy Drive) qui mêle u
n 4 cylindres 1,8 L VVT-i de 99 ch et un moteur électrique développe une puissance totale de 136 ch. Pour rappel, le système est un hybride série-parallèle c'est-à-dire que moteur thermique et moteur électrique peuvent fonctionner ensemble ou indépendamment. Trois modes de conduite sont proposés : EV (mode tout électrique), Eco (mode privilégiant la consommation) et Power (réponse plus franche à l'accélérateur), et sont accessibles via trois touches sur la console centrale.
Particulièrement appréciable en agglomération, le mode 100 % électrique permet de rouler sans la moindre goutte d'essence et sans le moindre rejet polluant jusqu'à 50 km/h et sur une distance de 2 km, le tout dans un silence monacal. On regretterait presque que ce soit si court, car une fois sur
route plus dégagée l'Auris Hybride avoue vite ses limites. Ses accélérations sont convenables mais ses reprises manquent cruellement de punch. Et lorsqu'on sollicite trop la mécanique, le niveau sonore devient fatiguant. Si la Prius III avait franchi un cap en matière d'agrément, il semble que l'Auris soit légèrement en retrait. Dernier regret, la transmission à variation continue pilotée électroniquement qui malgré un confort et une douceur sans équivalent manque de vivacité. Elle tire toujours trop long ce qui accentue encore l'emballement du moteur à pleine charge.
Un mot enfin sur le bilan énergétique, impossible à passer sous silence lorsqu'on parle d'une voiture hybride. Pour ce qui est des rejets de CO2, l'Auris annonce 89 g/km, au chapitre consommation, comptez moins de 5,0 L/100 km en adoptant une attitude délicate avec la pédale de droite.
Sur la route
Hormis une assiette abaissée de 5 mm, une monte pneumatique à faible résistance au roulement et quelques réglages de suspension différents, l'Auris Hybride hérite des qualités routières du reste de la gamme Auris. Première d'entre elles, son haut niveau de confort grâce à un amortissement filtrant parfaitement les irrégularités de la route. Revers de la médaille, l'Auris n'est pas la plus vive de la catégorie et révèle une légère tendance au roulis, un phénomène accentué par sa prise de poids (100 kg) due à son passage à l'hybride. Rien de bien méchant d'autant que pour jouer l'économie une conduite coulée est plus appropriée, et dans ce domaine la direction aussi douce que légère se montre une excellente alliée.
Bilan
Moins militante qu'une Prius, l'Auris a beau partager la même mécanique, elle devrait séduire tous ceux qui attendaient que les hybrides ressemblent à des voitures « normales » pour sauter le pas. Pour le reste, on retrouve les qualités routières et d'accueil de l'Auris avec toutefois un agrément moteur en retrait que compensent le silence du mode électrique et les consommations contenues. Dernier point et non des moindres, l'Auris Hybride profite d'un bonus gouvernemental de 2 000 EUR ce qui lui permet de s'afficher à un peu moins de 22 000 EUR en entrée de gamme.
Damien RULIERE
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