Journal de bord du Rallye Aicha des Gazelles de deux pilotes Suzuki
Cette année encore le Rallye Aicha des Gazelles s'est achevé dans une explosion de joie pour l'ensemble des équipages féminins de ce 18ème Rallye, encore considéré comme un « Rallye à l'ancienne », puisqu'il qui exclut toute forme d'assistance (type GPS), la navigation se fait avec une boussole, une règle, et une carte topographique.
C'est une grande première pour Suzuki, et notamment pour Tajima France et sa concession de Coignières, qui engageait cette année un Grand Vitara 2.0 Essence, piloté par Valérie SECK et co-piloté par Florence PHAM.
En revanche Valérie et Florence, qui formaient cette année l'équipage 108, n'en étaient pas à leur première participation, puisqu'elles se sont rencontrées au détour d'une dune sur l'édition 2002.
La première est passionnée par le monde de l'automobile, car elle y évolue professionnellement et pratique le tout-terrain dans le cadre de ses loisirs. La seconde était novice et ignorait tout de l'utilité d'une boite de transfert. Son univers, plus frivole, était celui du marketing et de la communication dans une maison de disque. Aujourd'hui, elles totalisent 9 rallyes à elles deux. Leur meilleur classement a été respectivement 4ème et 3ème. Bien que concurrentes intraitables sur le rallye, une amitié et un respect mutuel les a rapprochées. Valérie, farouchement attachée à son indépendance, a toujours couru pour son propre équipage. Florence a été pilote et navigatrice pour le team officiel Nissan/Nismo.
En 2008, elles décident d'allier leurs compétences et de former un équipage qui défendra les couleurs de Suzuki. Valérie a occupé le baquet du pilote et Florence fut sa navigatrice. Toutes deux motivées par la performance et le « jeu » de cette magnifique et exigeante course ont pris le départ avec un moral d'acier, n'est-ce pas ainsi que l'on obtient les meilleurs résultats ?
Contrairement aux autres années, Valérie, souhaitait cette fois marquer la différence à plusieurs niveaux « en représentant une marque et mieux, la marque pour laquelle je travaille … en partant avec un véhicule que personne n'attendait… c'était une grande première de partir avec une amie (pas toujours facile), et parce que c'était l'année de nos 40 ans à toutes les deux ! Nous nous sommes fixées trois objectifs qui sont :
* faire arriver le grand Vitara sur la ligne d'arrivée,
* pas de casses mécaniques et,
* un classement honorable ».
C'est donc déterminées qu'elles se sont lancées dans cette 18me édition du rallye et dès le prologue, elles obtiennent la 4ème place de l'étape, ce qui a tout de suite effacé leurs appréhensions et les doutes qu'elles pouvaient avoir sur les capacités du Grand Vitara.
Dans la première étape elles se positionnent à la 8ème place pour remonter 6ème à la 2ème et 3ème étape. Mais le 5ème jour reste sans aucun doute leur plus mauvais souvenir car elles ratent deux balises en fin de journée, ce qui les fait passer de la 6ème à la 13ème place et malheureusement elles n'ont pu rattraper que deux places lors de la dernière étape. « Ca a été pour nous une grosse déception…la pire » confie Valérie.
Mais on peut dire qu'une 11ème place au classement général sur les 85 engagées dans la catégorie 4x4 / Camions, est à n'en pas douter un excellent résultat pour une première participation d'un Grand Vitara Suzuki sur ce Rallye dont « l'ambiance est devenue très compet'… avec des filles très motivées et très préparées (pour certaines). C'est une course très éprouvante autant pour l'équipage que pour la voiture. Les étapes sont de plus en plus techniques et longues, c'est une véritable épreuve sportive avec ce qu'il faut d'ingrédients pour mettre les nerfs, le physique et le mental à rude épreuve ! » révèle Valérie.
Du côté du véhicule, le Grand Vitara a prouvé que malgré son look de 4x4 dit urbain, voire souvent considéré comme SUV il n'en était pas moins un 4x4, au vu des regards impressionnés et des remarques plus que positives sur ses performances, des concurrentes mais également de son équipage : « Le Grand Vitara est un véhicule ETONNANT ! J'ai été bluffée par son comportement et ses capacités de franchissements. Il a franchi des montagnes au cap, des ergs immenses, des plaines, des oueds, bref...tout comme "les grands" ! Nous nous sommes très peu ensablées et à chaque fois suite à des erreurs de pilotage... Les étapes de grosses dunes ont été pour lui un détail, il est très léger et n'est jamais à cours de puissance. Se sont d'ailleurs les étapes que nous avons bouclé le plus vite et pourtant ce sont aussi celles que tout le monde redoute...
Il n'a montré aucun signe de faiblesse au fil des étapes. La préparation tant mécanique que l'aménagement intérieur étaient parfaits. Toute la partie protection sous-caisse (faite sur mesure) fourni par Outback Import et Rasta 4x4 a été très efficace. Je dirais que sa seule différence face aux "dinosaures du désert" c'est sa hauteur qui m'a demandé plus de technique dans les franchissements de montagnes et une façon différente d'appréhender les obstacles. Pour le reste, il n'a rien à envier aux autres ! C'est pour moi un VRAI 4x4 avec le confort en plus ! ».
Le bilan de ce 1er Rallye est donc plus que positif tant pour le véhicule que pour son équipage, qui a réussi son challenge avec une farouche envie pour ces femmes talentueuses de faire mieux en 2009 !
A noter quelques anecdotes qui sur place donnent envie de dire « plus jamais » mais qui une fois de retour laissent un petit sourire au coin des lèvres.
Récit de Valérie :
« Pour ce qui est des anecdotes, ce qui ressort à chaque discussion entre Florence et moi, c'est vraiment l'étape de dunes ou le Grand Vitara nous a laissées sans voix ! Pour ma part je n'avais jamais été "menée" par un véhicule... Logiquement c'est la pilote qui fait ce qu'elle veut de sa voiture et là c'est vraiment le Grand Vitara qui, alors que ma jambe tremblait sur l'accélérateur au franchissement de la première dune, s'est mis à gambader et à surfer tout seul dans l'erg !!!!!! Il a grimpé des dunes jusqu'à 250 m !!!! ! Dans un premier temps un grand silence s'est installé dans l'habitable, puis s'en est suivi un fou-rire ! Florence l'a surnommé le cabri ! Elle parle même d'une "facilité de franchissement déconcertante" le concernant !
« Imaginez si j'avais dû vous parler de la tempête qui a dévasté le bivouac, qui nous a obligées à dormir dans la boue, qui a transformé nos tentes en parachute ascensionnel, nos journées de 15-16 ou 17 heures de conduite et de navigation par jour, des réveils à 4 heures du matin tous les jours, des journées sans manger (pas le temps) du 4 heures du matin à 21 heures, du terrassement que nous avons dû faire pour faire passer la voiture au cap (déplacer des rochers, casser des cailloux, etc....), ne prendre que 2 douches en 8 jours, des disputes ridicules entre équipière au milieu de nul part, des 6 ou 7 crevaisons que nous avons eu.... mais là il aurait fallu 3 jours de lecture...
Source photo : Site officiel Rallye Aicha des Gazelles
Jérémy Levenbruck
» Voir aussi
 Rallye de Jordanie : Suzuki veut surprendre sur un terrain inconnuSuzuki ramène de précieux enseignements d'un difficile Rallye d'Argentine
Rallye d’Allemagne : course régulière et fiable des Suzuki SX4 WRC
Rallye du Mexique – Suzuki : « Marquer des points »
Rallye de Finlande : des points pour Gardemeister sur sa Suzuki












