Histoire de la Citroën SM
Moins connue que ses consoeurs Traction, 2CV ou DS, la SM a tout de même marqué à sa façon l'histoire du constructeur Citroën. Elle est apparue en 1970 à l'occasion du salon de Genève.
1970 est une année faste pour la marque au double chevrons. Elle vend près de 700 000 véhicules et voit également le lancement d'un projet d'ampleur : le programme des moteurs rotatifs. La SM s'inscrit donc comme le fleuron, la voiture de prestige de Citroën.
Historiquement, ce projet date de 1966 et a pour « père » Jacques Né, qui a pour objectif premier de créer une version plus rapide de la DS. C'est la naissance de la première GT par Citroën.
Mais attention, la SM n'a pas été conçue comme une GT standard où le confort est un élément secondaire. Au contraire, le système hydraulique, hérité de la DS pour la suspension, et le correcteur d'assiette, pour la garde au sol, lui assure un confort certain.
Parmi les spécificités de la SM, la rampe optique est un élément majeur. Avec ses six phares à iode à correction dynamique automatique, la SM allie le confort des phares à commandes directionnelles à un esthétisme novateur.
Design
Le travail de style effectué sur la SM est avant tout un travail d'aérodynamisme. Le nombre et l'étendu des tests en soufflerie nécessaires à son élaboration en sont le parfait exemple. Le résultat est d'ailleurs remarquable.
De fait, la SM n'est pas une voiture anguleuse. Au contraire, son aspect fuselé n'est cassé par aucun angle, tout en conservant des lignes tendues.
Esthétiquement, la vitrine, englobant les blocs optiques avant et la plaque d'immatriculation, donne un aspect résolument novateur. Ajoutez à cela le large pare-chocs qui donne une expression si particulière au nez de la SM, et vous avez une face avant à l'esthétisme révolutionnaire.
Pour les puristes, c'est de profil que la SM offre tout son caractère. Tout le travail d'aérodynamisme devient alors visible à l'œil nu. Elancées, les lignes semblent d'une fluidité déconcertantes. L'inclinaison du pare-brise, la custode taillée en pointe ou encore le soubassement arrière sont autant d'éléments dynamiques qui donnent au profil de la SM son aspect si rare et élancé.
Motorisation
Pendant longtemps, le moteur de la SM a semblé être son talon d'Achille. Conçu par Maserati, à l'époque dans le giron de Citroën, le V6 bénéficie tout d'abord d'un certain engouement. Sa « nervosité », toute transalpine, lui assure la sympathie des amateurs de GT.
Puis vient le temps du scepticisme. La fiabilité, véritable marque de fabrique de Citroën, est alors mise à mal par quelques imperfections techniques. Comme toutes les GT, la SM demande un entretien minutieux et tout écarts se paie au prix fort.
Contrairement au moteur, la boîte de vitesses est fabriquée par Citroën. Avec ses 5 vitesses, dont les deux dernières en surmultipliées, cette boîte assure à la SM une qualité de conduite extrêmement sportive.
La SM en compétition
Comme toute GT qui se respecte, le SM prouve sa sportivité en compétition. C'est au rallye du Maroc 1971 qu'elle réalise ses premiers exploits. C'est une SM de série qui remporte l'épreuve, en groupe 4. Tous les observateurs s'accordent à dire que cette GT est bien née !
Plus encore que ses performances en rallye, c'est une compétition à laquelle la SM a failli participer à laquelle la SM est souvent associée. En effet, la GT de Citroën était à deux doigts de prendre le départ des 24 heures du Mans 1972. C'est une annulation de l'inscription en dernière minute qui privera le public de cet évènement attendu
« La SM est morte avec la vitesse »
Le lancement de la SM, en 1971, est en adéquation avec son objectif : il est haut de gamme. Et ce, aussi bien au niveau des actions commerciales lancées par la Marque que du dossier de presse destiné aux professionnels !
Au niveau des ventes, la première année est dès plus prometteuse. Avec 5 000 SM vendues en 1971, son lancement est un succès, aussi bien commercial que d'estime. Malheureusement, les années suivantes s'avèrent plus compliquées. La baisse des ventes est notable et la production doit s'arrêter en 1975.
Les raisons sont connues : la crise pétrolière et les nouvelles lois de limitation de vitesse sur autoroute.
En effet, le premier choc pétrolier change totalement et profondément la vision de l'automobile. Idem des lois de sécurité routière qui limitent désormais la vitesse sur autoroute. De ce fait, l'acquisition d'une GT par ces temps troublés devient un investissement qui se limite aux seuls passionnés.
En plein été 1975, Citroën annonce officiellement l'arrêt de la commercialisation de la SM en ces termes : « Née de la vitesse, la SM est morte avec la vitesse ».
Source : Citroën
Jérémy Levenbruck
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