Les scooters chinois à la conquête de l’Europe
Les deux roues made in China ne cessent d'inonder les vitrines des concessionnaires. Ces scooters sont vendus d'ailleurs à moitié prix par rapport aux grandes marques. Comment les constructeurs, importateurs et distributeurs réussisent à vendre leurs produits à prix mini...
Jincheng, Baotian ou encore Zongshen… Ces constructeurs de deux roues encore inconnus il y a quelques mois envahissent les vitrines des concessionnaires de deux roues. La raison de leur succès : leurs prix ! Avec des prix cassés commençant à environ 1000 euros pour un scooter 50 cc et 1800 euros pour une moto sympa, il y a de quoi se les arracher. Les prix de ces marques sont deux fois moins élevés qu'un modèle équivalent de marque reconnue comme Peugeot, Yamaha ou encore Piaggio. Baotian, Zongshen et Jincheng ont un point commun : ces marques sont originaires de Chine.
La Chine
Distributeurs, importateurs, consommateurs : tous séduits
Les constructeurs chinois s'intéressent énormément au marché européen du deux roues et le prouvent en faisant homologué, eux-mêmes, chacun de leurs véhicules, soit un coût supplémentaire de 50 000 euros par modèle. Cette homologation leur permet de vendre leurs deux roues dans toute l'Europe. Bon à savoir, la plupart des fabricants sont souvent des sous-traitants de Yamaha ou autre Honda. Ils utilisent donc des plans tombés dans le domaine public, ou achètent des licences pour fabriquer leurs pièces.
Les consommateurs, eux, aussi sont séduits. Par exemple, en Grèce et en Turquie, les scooters chinois occupent environ 10% du marché local. Pour les Français et les Allemands, l'ascension est plus lente : entre 1 et 3% des scooters vendus en France sont chinois. Cependant, plus de 50 marques de deux roues « made in China » sont recensés dans l'hexagone. 800 concessionnaires sur 3600 distribuent même des modèles chinois soit ¼ d'entre eux. Le marché des deux roues chinois est en train de progresser de 30% par an depuis deux ans, ce qui représente une belle ascension. A Paris, 2 concessionaires exclusifs de produits chinois ont même ouvert leurs portes en juillet 2006.
Les importateurs, quant à eux, n'ont aucun problème pour persuader les concessionnaires de distribuer leurs modèles car en plus des prix réduits, ils offrent des niveaux de marge supérieure à celles des marques reconnues. Celles d'un concessionnaire Yamaha, Honda ou Piaggio se situent entre 10 et 20% du prix hors taxes alors qu'un distributeur de scooter chinois atteint jusqu'à 30% de marge.
A la recherche du bon constructeur
Bien que les scooters chinois se vendent comme des petits pains, les importateurs doivent rester sur leur garde et trouver le bon constructeur. Beaucoup de constructeurs ne sont en fait que des assembleurs de pièces achetées chez différents sous-traitants. Ils ne disposent d'aucun bureau d'étude et ne fabriquent pas de moteur. Selon Pierre Laurent-Chauvet de Sidam Europe, environ 30 constructeurs chinois disparaissent chaque année. De plus, le gouvernement chinois, il y a quelques mois a interdit aux fabricants de moins de 50 000 unités par an d'exporter.
Les constructeurs chinois ne se laissent pas décourager pour autant et après les 50 et 125 cc, ils ont l'intention de s'attaquer aux grosses cylindrées. Les grandes marques n'ont plus qu'à travailler avec les constructeurs chinois pour ne pas perdre leur part de marché…
Caroline Held
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