GP d’Europe : Alonso danse sous la pluie
Dans la manche la plus enthousiasmante depuis le début de saison, Alonso a fait figure de virtuose sous la pluie en remportant avec la manière le Grand Prix d'Europe. Hamilton, parti à la faute au second tour, termine à la 9e place et met fin à sa série victorieuse. Mais que la course a été belle !
C'était vraiment le week-end de toutes les émotions. Pour les favoris tout d'abord, avec notamment la belle pole position de Kimi Raikkonen, le crash en qualifications de Lewis Hamilton et le duel somptueux entre Felipe Massa et Fernando Alonso. Mais pas seulement, puisque deux équipes ont connu la jolie de mener un Grand Prix pour la première fois. Spyker tout d'abord, avec un pilote novice qui aura fait mieux que Lewis Hamilton. Markus Winkelhock, qui avait remplacé Albers chez les Néerlandais a en effet joué un coup de poker gagnant, en chaussant dès le début du Grand Prix des pneus pluie, alors que d'autres avait privilégié les intermédiaires et même les slicks. Seulement pour tout cela, l'averse tropicale qui s'est abattue sur le Nurburgring a douché beaucoup d'ambitions. Qu'à cela ne tienne, Winkelhock s'est offert une première place provisoire du 2e au 7e tour, derrière le safety-car. Spyker n'a pas été la seule petite équipe à la fête malgré l'abandon de ses deux pilotes.
Red Bull Renault à la fête
La grande gagnante de ce week-end est sans conteste l'écurie Red Bull Renault. Elle aussi a connu le leadership du Grand Prix pour la première fois de son existence, avec Coulthard au 13e tour, mais elle a surtout goûté à un podium inespéré avec Mark Webber. D'autant plus que la cinquième place de l'Ecossais n'a en rien gâché la fête chez Red Bull Renault. Le champagne a dû couler à flots !
Alonso, "souverain de la pluie"
Le champagne a aussi coulé chez McLaren, et surtout chez Fernando Alonso, tout heureux de l'emporter alors que deux de ses rivaux n'ont pas marqué de points. Son rival coéquipier, Lewis Hamilton, avait connu le pire en qualifications samedi. Une sortie à 270km/h de laquelle il est sorti indemne a effrayé le monde entier. Le prodige anglais, parti du 10e rang sur la grille n'a franchement pas été verni. Comme beaucoup de pilotes, il part à la faute au second tour, sous le déluge. Mais contrairement aux autres, sa monoplace est encore en état de courir et les commissaires le replacent sur la piste pour qu'il puisse reprendre la course, avec néanmoins un
tour de retard. Le pilote anglais fera preuve d'un formidable courage pour reprendre tout d'abord son tour de retard, et effectuer une remontée qui le verra échouer à la porte des points, bien contenu par Kovalainen. Un Finlandais tout heureux de pouvoir empocher un point après avoir résisté au leader du championnat du monde.
Sublime duel entre Alonso et Massa
On dit souvent que le Nurburgring est l'un des circuits les plus capricieux du monde en terme de météo. Le Grand Prix de ce week-end a encore joué dans ce sens. Car la succession de pluie et de sec a rendu la course palpitante, et les pilotes complètement dingues. Mais à ce jeu des giboulées, c'est encore Fernando Alonso le meilleur. Le « souverain de la pluie » a encore montré tout l'étalage de son talent dans des conditions difficiles. Et c'est Felipe Massa qui en a fait les frais, au terme d'un duel magnifique. L'Espagnol et le Brésilien iront même jusqu'à faire toucher leurs roues, symbole d'une lutte à la haute teneur en détermination. Signalons tout de même le refus de Fernando Alonso, lorsque Ron Dennis est venu pour le féliciter. Si Fernando fait une bonne opération sur un point de vue comptable, il est visiblement très mal à l'aise au sein de sa nouvelle écurie. La faute à un traitement de faveur accordé à son jeune coéquipier britannique. Entre le champion en titre et McLaren, le torchon ne brûle pas encore, mais l'entente est vraiment loin d'être au beau fixe.
Un problème hydraulique plombe Raikkonen
Le grand perdant du week-end est donc Kimi Raikkonen. Le Finlandais de la Scuderia, qui restait sur deux victoires consécutives, parti en pole position, a du baisser les armes. Comme à plusieurs reprises depuis le début de saison, un problème hydraulique est venu contrarier sa bonne marche vers le podium. Et ceci peut apparaître comme un véritable regret puisque la Ferrari était bien plus rapide que sa concurrente argentée sur le sec.
Belle performance, en revanche, pour Wurz sur sa Williams, brillant 4e. Heidfeld, 6e et Kubica, 7e, complètent la liste des primés de ce week-end.
Suspense relancé
Le Grand Prix d'Europe aura finalement complètement tenu ses promesses. Il permet un véritable resserrement en haut du classement. Alonso pointe désormais à 2 longueurs de Lewis Hamilton. Massa n'est plus qu'à 11 points du Britannique, et Raikkonen à 18. Il reste 7 courses, et bien malin est celui qui devinera l'issue de championnat 2007.
Jérémy Levenbruck
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