Alliance GM-Renault-Nissan : ça ne se fera pas
C'est la fin du feuilleton qui tenait en haleine toute la communauté financière : après deux mois de discussions entre les trois constructeurs GM, Renault et Nissan pour définir les termes d'une alliance, un communiqué de Renault diffusé mercredi 4 octobre annonce la non faisabilité du projet. Raison invoquée : une compensation financière demandée par GM que Renault et Nissan se refusent à assumer.
Alfa Roméo - Aston martin - Audi - BMW - Chevrolet - Citroën - Dacia - Fiat - Honda - Hyundai - Lancia - Mercedes - Mini - Mitsubishi - Nissan - Opel - Peugeot - Porsche - Renault - Seat - Skoda - Subaru - Zest ...
GM ne s'est pas laissé faire. Le groupe américain a préféré tabler sur le rayon de soleil apparu depuis peu dans ses résultats financiers : après une année 2005 pour le moins difficile durant laquelle le groupe a accusé une perte historique de 10,6 milliards, GM a réalisé un bénéfice net au premier trimestre de 445 millions, et un bénéfice de 1,2 milliard au deuxième trimestre, hors charges de restructurations. Par ailleurs, un plan de départs volontaires a glané plus de candidats qu'escomptés, si bien que GM va se défaire de 34 000 personnes contre un objectif de 30 000 pour sa restructuration, et le groupe a relevé son objectif d'économies annuelles de 8 à 9 milliards.
Mauvaise répartition des bénéfices
Tels ont été les leviers qui ont permis au (encore) premier constructeur mondial de faire pression sur Renault-Nissan pour demander au groupe une compensation financière pour cette alliance, GM, fort de ses 9 millions de véhicules produits, estime que Renault et Nissan ont plus à gagner avec cette alliance alors que GM perdrait toute opportunité d'une collaboration avec un autre constructeur. Renault et Nissan, qui « considèrent que le principe même de compensation est contraire à l'esprit de toute alliance performante », ont donc décidé de couper court aux négociations, alors que la décision finale était prévue pour le 15 octobre. Un mariage entre GM, leader mondial du secteur, et Renault-Nissan, numéro 4 avec 6 millions de véhicules, aurait créé une entité détenant 25 % du marché mondial de l'automobile.
Il faut dire que ce n'était pas gagné d'avance. Tout d'abord, l'initiative du projet ne revient pas au PDG de GM, Rick Wagoner, qui s'est toujours montré hostile à ce rapprochement, favorisant son plan de restructuration. C'est l'oeuvre du premier actionnaire individuel de GM, le milliardaire Kirk Kerkorian qui détient 9,9 % du capital de GM et a annoncé son intention de monter à 12 %, qui était ainsi directement entré en contact avec Carlos Ghosn, patron du groupe franco-japonais.
Les constructeurs ont expliqué "ne pas être parvenus à se mettre d'accord ni sur le montant total des synergies ni sur la répartition des bénéfices entre les partenaires", mais le patron de GM a fait savoir séparément qu'il avait décidé d'arrêter les négociations, "les synergies étant substantiellement du côté de Renault-Nissan".
La fin des discussions a suscité un léger coup de blues à la bourse mercredi : l'action GM a clôturé en léger recul à la Bourse de New York (- 0,27 % à 33,36 dollars). En outre, cette décision pourrait relancer les spéculations autour d'un rapprochement Ford, Renault-Nissan, ces derniers étant à la recherche de débouchés en Amérique de nord..
Jean-Philippe Coll
» Réagir à cet article
Aucun commentaire sur cet article» Voir aussi
 Renault planche sur la possibilité de l’alliance de Renault-Nissan avec GMAlliance GM-Renault-Nissan : Carlos Ghosn marche sur des oeufs
Renault-Nissan réfléchit à une alliance avec GM
Toyota est ouvert à des alliances, mais dément avoir discuté avec GM
Renault-Nissan et GM en pourparlers, Toyota s’inquiète


