Alliance GM-Renault-Nissan : Carlos Ghosn marche sur des oeufs
Dans le cadre d'une possible entrée dans le capital de GM par Renault et Nissan, Carlos Ghosn se révèle prudent en déclarant vendredi qu'un investissement au capital de General Motors n'était pas une condition préalable à une alliance avec le constructeur automobile américain. Des propos qui interviennent alors que l'action Nissan a perdu 2,8 % la semaine passée.
Renault-Nissan et GM ont annoncé le 14 juillet 2006 se donner 90 jours pour procéder à un examen confidentiel des bénéfices potentiels d'une éventuelle alliance, après la proposition dans ce sens présentée le mois dernier par le premier actionnaire de l'américain Kirk Kerkorian. Une annonce qui n'est pas passée inaperçue et a semble-t-il soulevé quelques craintes du côté des investisseurs. Du coup, le titre Nissan a clôturé en baisse de 1,1 % vendredi, à 1 155 yens, à la Bourse de Tokyo, alors que l'indice Nikkei a lui cédé 0,84 %. La semaine dernière, l'action Nissan a perdu 2,8 %.
Des risques qui se dégagent, de la prudence de la part de Ghosn
"Nous ne faisons pas d'un investissement capitalistique dans GM la première condition ou le premier élément d'une alliance. Cela n'a pas été discuté avec l'équipe de GM, et je pense qu'il est prématuré d'en parler." C'est en ces termes que s'est exprimé vendredi dernier le président de Renault-Nissan au cours d'une conférence de presse.La naissance d'une alliance GM-Reneault-Nissan ne se fera qu'au terme d'une étude approfondie des profits qu'elle pourrait engendrer : "si nous en arrivons après 90 jours à la conclusion que les synergies sont assez importantes pour en justifier les efforts, nous pourrons alors passer à la deuxième étape, qui consistera à dire : quelles seraient la meilleure organisation et les meilleures conditions - y compris en matière d'actionnariat - dans le but de réaliser ces synergies ?" Carlos Ghosn a toutefois laissé entendre que Nissan pourrait reprendre une partie des capacités de production dont GM entend se séparer en Amérique du Nord.
Santé fragile
Cette prudence se justifie par les craintes suscitées par cette éventuelle alliance. Des analystes ont averti qu'une alliance à trois pourrait ne pas dégager les économies de coûts envisagées par Kerkorian et qu'elle risquerait de distraire les deux PDG de leur tâche, à un moment crucial pour leurs groupes respectifs (GM a beaucoup perdu de sa superbe et est talonné par Toyota, Renault vise une marge bénéficiaire de 6 % en 2009 en tablant sur le lancement de 26 voitures d'ici là ).De plus, on ne saurait éluder la santé encore fragile de l'alliance franco-japonaise : Nissan, qui fait face à une baisse de ses ventes mondiales en raison d'une pénurie de nouveaux modèles, s'attend à un bénéfice en baisse au titre du premier trimestre de son exercice et les analystes jugent un rétablissement dans la deuxième partie de cet exercice loin d'être acquis. De son côté, Renault prévoit lui aussi une érosion de sa marge bénéficiaire cette année. Carlos Ghosn a ainsi ajouté qu'il serait ouvert à l'éventualité de rejoindre le conseil de GM si nécessaire, mais pas au détriment de Nissan et Renault.
Jean-Philippe Coll
» Réagir à cet article
Aucun commentaire sur cet article» Voir aussi
 Le président de Renault-Nissan Carlos Ghosn reste ouvert à une alliance nord-américaineRenault planche sur la possibilité de l’alliance de Renault-Nissan avec GM
Renault-Nissan réfléchit à une alliance avec GM
Alliance GM-Renault-Nissan : ça ne se fera pas
Carlos Ghosn et Rick Wagoner se rencontreront à la mi-juillet


