Renault et Sita créent une coentreprise de recyclage des véhicules en fin de vie -Constructeurs -Actus Pro.- Webcarnews

[2008-02-25]

Renault et Sita créent une coentreprise de recyclage des véhicules en fin de vie

Renault et Sita créent une coentreprise de recyclage des véhicules en fin de vie

Renault et Sita Recyclage, filiale du groupe Suez, rechètent Indra Investissement SAS et créent la première filière rentable de recyclage des véhicules en fin de vie.

Avec un investissement de 100 millions d'euros sur cinq ans, Renault et Sita Recyclage ont dévoilé jeudi leur projet d'alliance pour donner jour à une filière du recyclage des véhicules en fin de vie. Cette coopération permet ainsi aux deux sociétés de créer un joint-venture en prenant le contrôle d'Indra, une entreprise spécialisée depuis 20 ans dans la déconstruction automobile.

L'objectif est de recycler 95% de la masse d'un véhicule en 2015, conformément aux souhaits de la Commission européenne : en 2015 les constructeurs devront valoriser 95% du poids d'un véhicule et en recycler 85% (directive VHU 2000/53). C'est la première fois qu'un constructeur s'implique directement dans le recyclage automobile. A terme, l'objectif de Renault est de recycler 150 000 véhicules par an.


Nouvelles techniques de recyclage

L'objectif est de taille. « Valoriser 85% du poids des véhicules (ce que préconisent actuellement les textes de loi) fabriqués il y a 10/12 ans, ne pose pas de problème, mais valoriser 95% du poids des véhicules qui seront en fin de vie en 2015 oblige à valoriser les matières plastiques, le caoutchouc, les textiles, les mousses, le verre », explique Alice de Brauer, directeur du plan environnement de Renault et initiatrice de ce projet. Renault et Sita vont donc travailler pour mettre au point de nouvelles techniques de recyclage du verre et du caoutchouc. Ce dernier matériau pourrait être utilisé pour fabriquer des murs anti-bruit.

Donne économique

Cet engagement écologique est également motivé par la hausse du coût des matières premières. Ainsi, les matières plastiques pourraient ainsi être réutilisées dans la fabrication des véhicules neufs, et l'aluminium pourrait entrer dans la fabrication de jantes ou de moteurs. « Le polypropylène dont on récupère entre 15 à 20 kg par voiture est valorisé 3 à 4 fois plus cher que la ferraille », souligne également Manuel Munoz, PDG d'Indra.
Au final, Renault espère une intégration du plastique recyclé à hauteur de 20 % du poids des plastiques d'un véhicule : la nouvelle Laguna en incorpore déjà 17 %, soit 35 kg de plastique recyclé.

Cette initiative devrait générer de nombreux emplois. Indra, qui possède un site pilote à Romorantin traitant 25 000 véhicules par an, devrait en ouvrir un autre sur le nouveau site de Noyelles-Godault (Nord-Pas-de-Calais).




Jean-Philippe Coll

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