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[2006-09-27]
89% des Français se disent prêts à acheter un véhicule roulant au biocarburant, et 68 % sont même prêts à payer plus cher à la pompe pour rouler propre, selon un sondage Ifop réalisé pour Direct Assurance. Une manne pour les producteurs de blé et de betteraves à sucre, d'autant plus que la France, en adoptant cette politique énergétique, devance la directive de la communauté européenne qui fixe à 5,75 % la proportion de biocarburant dans l'essence (super ou diesel) d'ici 2010 : le plan français se fait plus royaliste que le roi, prévoyant 7 % de biocarburants dans notre essence en 2010 et 10 % en 2015. Pour atteindre cet objectif, les agréments fiscaux accordés aux usines ont été revus à la hausse. D'autre part, l'essence bio est une façon détournée d'aider la filière agricole, obligée de s'adapter à la réforme de la politique agricole commune.
En ce qui concerne la technologie, il n'y a pas de soucis à se faire. Les véhicules existent (PSA réalise 80 % de ses ventes au Brésil avec ce type de motorisation) et ne nécessitent que des modifications mineures de l'ordre de 200 euros sur un modèle de série.
Les écologistes sont moins enthousiastes et doutent du bilan écologique de l'essence bio, de même que des capacités de la France à en produire suffisamment pour la consommation nationale. En effet, «c'est une bonne idée, mais très partielle», prévient Jean-Louis Bal de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Ainsi, en France, il faudrait 9 400 % de surface de blé supplémentaire et 420 % de betteraves en plus pour alimenter les 36 millions de véhicules du parc auto français, ce qui est impossible. De plus, si l'utilisation des biocarburants réduit les rejets de gaz à effet de serre (2,5 à 3,8 fois moins), leur production, en revanche, risque de les augmenter du fait de l'usage de produits phytosanitaires et autres polluants.
Jean-Louis Bal, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), estime pour sa part que l'utilisation du flexfuel ne deviendrait rentable qu'à partir de 65 dollars le baril. De son côté, le gouvernement a senti le vent venir en faisant bénéficier ce biocarburant de mesures incitatives (droits de stationnement réduits, exonération totale ou partielle de la taxe sur les cartes grises...), et Thierry Breton le promet à 0,80 euro le litre.
Source : Libération 17/09/06
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Thierry breton, le ministre de l'économie, a annoncé hier que le gouvernement mettra en place 500 pompes fournissant du biocarburant d'ici 2008. Une mesure qui laisse sceptiques les écologistes.
Le groupe de travail sur la filière flexfuel (appelé aussi E85) présidé par l'ancien pilote Alain Prost a à peine rendu son rapport que c'est officiel, les pompes à biocarburant vont investir 500 stations-service d'ici 2008. Une nouvelle qui ravit les agriculteurs, contrairement aux écologistes qui ne voient dans cette mesure qu'une réponse partielle au rejets de CO2 dans l'atmosphère.
Des atouts
Selon le rapport, le volume des exportations de la France en céréales et en sucre de betterave, nécessaires à la fabrication du biodiesel, représenterait déjà l'équivalent de «70 % des besoins annuels d'essence pour les voitures particulières». Quant au réseau de distribution, il ne rencontrerait pas de soucis particuliers à se mettre en place : l'aménagement d'une pompe flexfuel ne coûtera qu'entre 20 000 et 40 000 euros en travaux à une station-service.
89% des Français se disent prêts à acheter un véhicule roulant au biocarburant, et 68 % sont même prêts à payer plus cher à la pompe pour rouler propre, selon un sondage Ifop réalisé pour Direct Assurance. Une manne pour les producteurs de blé et de betteraves à sucre, d'autant plus que la France, en adoptant cette politique énergétique, devance la directive de la communauté européenne qui fixe à 5,75 % la proportion de biocarburant dans l'essence (super ou diesel) d'ici 2010 : le plan français se fait plus royaliste que le roi, prévoyant 7 % de biocarburants dans notre essence en 2010 et 10 % en 2015. Pour atteindre cet objectif, les agréments fiscaux accordés aux usines ont été revus à la hausse. D'autre part, l'essence bio est une façon détournée d'aider la filière agricole, obligée de s'adapter à la réforme de la politique agricole commune.
En ce qui concerne la technologie, il n'y a pas de soucis à se faire. Les véhicules existent (PSA réalise 80 % de ses ventes au Brésil avec ce type de motorisation) et ne nécessitent que des modifications mineures de l'ordre de 200 euros sur un modèle de série.
Détracteurs
Les écologistes sont moins enthousiastes et doutent du bilan écologique de l'essence bio, de même que des capacités de la France à en produire suffisamment pour la consommation nationale. En effet, «c'est une bonne idée, mais très partielle», prévient Jean-Louis Bal de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Ainsi, en France, il faudrait 9 400 % de surface de blé supplémentaire et 420 % de betteraves en plus pour alimenter les 36 millions de véhicules du parc auto français, ce qui est impossible. De plus, si l'utilisation des biocarburants réduit les rejets de gaz à effet de serre (2,5 à 3,8 fois moins), leur production, en revanche, risque de les augmenter du fait de l'usage de produits phytosanitaires et autres polluants.
Jean-Louis Bal, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), estime pour sa part que l'utilisation du flexfuel ne deviendrait rentable qu'à partir de 65 dollars le baril. De son côté, le gouvernement a senti le vent venir en faisant bénéficier ce biocarburant de mesures incitatives (droits de stationnement réduits, exonération totale ou partielle de la taxe sur les cartes grises...), et Thierry Breton le promet à 0,80 euro le litre.
Source : Libération 17/09/06
Jean-Philippe Coll
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