La France est-elle prête à rouler en 100 % électrique ?

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Sommaire

L’électrification de l’automobile s’intensifie depuis quelques années avec l’arrivée de nouveaux entrants et les enjeux de décarbonation de l’économie. En septembre 2021, la France a enregistré une progression des immatriculations de véhicules électriques et hybrides rechargeables de 61 %. Une croissance qui risque néanmoins de faire face à quelques problématiques, notamment en ce qui concerne le nombre de bornes de recharge.

 

L’électrification du parc automobile en quelques chiffres

 

Avec 6 millions de voitures électrifiées vendues dans le monde en 2021, l’électrification connaît bel et bien une croissance exponentielle. Comparées à 2020, les ventes ont doublé. En cumul, les voitures électriques, les hybrides rechargeables et les voitures à hydrogène ont représenté 7 % des ventes de voitures mondiales début 2021. Ces voitures « nouvelles énergies » représentent 13 millions de véhicules en circulation. Alors que les immatriculations de véhicules légers ont baissé de 20,3 %, de façon globale, en septembre 2021, les immatriculations de véhicules légers électriques et hybrides rechargeables ont progressé de 61 % par rapport à septembre 2020. Une croissance encore plus forte qu’en août 2021 où la progression enregistrée était de 60 %. En septembre 2021, les véhicules électrifiés et les hybrides rechargeables ont d’ailleurs représenté près de 18 % de parts de marché. Sur les 3 premiers trimestres 2021, les immatriculations de véhicules légers électriques et hybrides rechargeables ont progressé de 87 % par rapport à la même période en 2020. À l’origine de cet engouement, l’Union Européenne qui envisage d’interdire la vente de véhicules thermiques d’ici à 2035 et qui amène les constructeurs à se préparer et développer de nouveaux modèles électriques. Le constructeur Peugeot envisage notamment d’abandonner le thermique dès 2030 en Europe. D’ici à 2040, ce sont près de 677 millions de véhicules électrifiés qui seront en circulation dans le monde.

 

Le nombre insuffisant de bornes de recharge est-il le seul point noir pour passer au 100 % électrique en France ?

 

Avec l’arrivée massive des voitures électriques, le paysage automobile connaît une révolution inédite. Le développement fulgurant de cette nouvelle motorisation pose toutefois un problème de taille, celui du nombre de bornes de recharge encore insuffisant en France. Alors que la France s’était fixée l’objectif de 100 000 bornes pour la fin d’année 2021, les résultats ne sont pas au rendez-vous puisque l’Hexagone ne comptait que 51 243 bornes de recharge au 30 novembre 2021. Un chiffre pourtant en constante progression depuis janvier 2021 (+57% depuis le début de l’année). Majoritairement implantées sur les parkings (37%) et la voirie (35%), les bornes de recharge ont encore un beau potentiel dans les commerces et les entreprises qui représentent, respectivement, 26% et 2% des lieux de présence des bornes. En 2021, les aires d’autoroute se sont également mobilisées et aujourd’hui, la moitié d’entre elles sont équipées de points de recharge. Une bonne nouvelle puisqu’il s’agit d’un pré-requis nécessaire pour poursuivre et faciliter l’usage de véhicules électrifiés ou hybrides rechargeables sur les longs trajets. Si le nombre de bornes est encore insuffisant, il faut aussi noter d’autres problématiques :

  • hétérogénéité des zones d’installation : certaines régions comme l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie disposent de plus de points de recharge que la Guyane et la Guadeloupe par exemple ;
  • sous-développement des points de recharge rapides : seulement 10% des points de recharge publics des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Bourgogne-Franche-Comté sont dotés d’une puissance supérieure à 50kW.
  • opérateurs différents selon les bornes de recharge : nécessite de disposer des cartes adéquates car il n’est pas possible de payer directement avec sa carte bleue à la borne.

Comparé à une station-service, c’est effectivement plus difficile puisqu’il est également demandé beaucoup de renseignements pour accéder à la borne (numéro de téléphone, email, modèle de voiture, etc.). De plus, la durée de charge étant de 30 minutes sur autoroute et comprise entre 1 et 2 heures sur les autres stations, un changement risque de s’opérer dans les prochaines années. Durant le temps de recharge les stations proposeront sûrement des salons pour faire patienter les automobilistes plus confortablement. Elles proposeront également peut-être des bornes Wifi pour les conducteurs souhaitant rester dans leur voiture pour traiter leurs mails par exemple. L’évolution du tout électrique entraîne de plus des changements pour les métiers de mécaniciens puisque les voitures électriques ne disposent pas de courroie de distribution et n’ont pas, non plus, d’huile à vidanger. Des formations seront certainement nécessaires pour faire évoluer ce métier et permettre au secteur de garder sa vitalité.

 

Pour les particuliers, rouler à l’électrique est aujourd’hui plus économique

 

D’après une étude européenne, le coût total de possession et d’utilisation d’une voiture électrique est aujourd’hui inférieur à celui d’un véhicule essence ou diesel dans une majorité de pays. Conduire une voiture en Europe coûte, chaque mois, aux automobilistes entre 743 euros (en Grèce) et 1 138 euros (en Suisse). En France, ce chiffre s’élève à 887 euros. Toutefois, la possession d’une voiture n’est plus la solution essentiellement privilégiée. Marielle MAURE, Responsable Communication d’Europcar, spécialiste de la location voiture et camion à Angoulême, le constate : « Les jeunes générations sont de moins en moins intéressées par la possession d’une voiture, elles préfèrent la louer sur de courtes périodes, voire la réserver depuis leur smartphone en autopartage et l’utiliser 1 heure ou 2 heures pour des usages spécifiques ». La transition écologique entraîne une évolution des comportements des automobilistes dans leur usage de la mobilité. La combinaison des nouvelles mobilités et l’électrification des véhicules entraîne aussi des projets novateurs comme l’autopartage électrique résidentiel. Une solution de partage entre voisins qui se développe de plus en plus en France.

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